Lutte biologique de conservation

Activer la lutte biologique de conservation sur une exploitation : une méthodologie simple à partir de la cartographie

Si l’utilisation d’insecticides pour éliminer les ravageurs des cultures doit être réduite au strict minimum. La lutte biologique de conservation peut s’utiliser sans modération. Cette dernière regroupe toute la faune indigène, ainsi que leurs habitats, ayant un impact positif sur les cultures. On parle d’auxiliaires des cultures. Ils sont économes et efficaces pour réguler les populations de ravageurs. 

Or, la simplification des paysages agricoles a considérablement réduit les effets bénéfiques de cette biodiversité fonctionnelle. En effet, neuf espèces d’ennemis naturels sur dix ont besoin d’un habitat non cultivé à au moins un moment de leur cycle. Alors que c’est le cas seulement pour un ravageur sur deux. Ainsi un paysage simplifié est bien plus favorable aux ravageurs qu’aux auxiliaires de cultures. Il s’agit pour les agriculteurs de mettre en œuvre certaines pratiques pour les favoriser à l’échelle parcellaire mais également à celle du paysage.

La biodiversité fonctionnelle pour gérer les ravageurs

Utiliser la biodiversité fonctionnelle pour gérer les ravageurs n’est pas une pratique exacte ni instantanée contrairement à l’utilisation d’un insecticide. Néanmoins c’est une solution durable pour les équilibres des agroécosystèmes. Pour augmenter les populations des auxiliaires, il est essentiel de leur fournir gîte et couvert. Cela passe par la mise en place de sites d’alimentation, de repos et d’hivernage mais également par une amélioration de leur capacité de déplacements d’un site à l’autre. Des premières réflexions peuvent être menées sur :

  • les exploitations agricoles
  • l’aménagement des infrastructures agro-écologiques.

Leur application doit être adaptée au contexte spécifique de l’exploitation. Pour se faire, il faut d’abord connaître plus précisément :

  • le cycle et les besoins des auxiliaires,
  • les infrastructures permettant de les favoriser.

La cartographie de l’exploitation agricole

En se basant sur une cartographie de l’exploitation, un agriculteur peut agir rapidement en appliquant deux règles simples. La première est d’assurer une ressource disponible en pollen dans le temps et l’espace sur la période de mars à décembre. La seconde, de mettre à disposition davantage de sites de diversité dans l’espace à distance de 200 m maximum. Il s’agit de la distance maximale parcourue par des insectes de la famille des carabidés. Par ailleurs, une étude menée au Québec sur l’impact des auxiliaires et des ravageurs dans le cas de culture en bandes pour casser les monoblocs ouvre des perspectives d’aménagement intraparcellaire.

Investir dans le développement de ce service de régulation naturelle qu’offre la biodiversité est souvent plus contraignant et parfois coûteux à court terme. Mais, il est certain que les
aménagements installés dans le parcellaire n’influencent pas uniquement les populations de ravageurs. Il permet également de rendre d’autres services. La pollinisation sera améliorée ainsi que tout le microcosme du paysage. La conséquence est la mise en place d’une relation biodiversité/agriculture gagnant gagnant.

Retrouvez toute nos publications sur la limitation des intrants en ligne.

Partagez sur les réseaux

Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin

Dernières publications

Agenda des évènements

Juin 26
All day
Les herbages au cœur des systèmes alimentaires circulaires et durables