Label bas carbone

Le label bas carbone en Grandes Cultures

Impulsée suite aux décisions politiques françaises et européennes visant à atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, la démarche Label Bas Carbone permet de donner un cadre régulé et clair aux démarches agricoles. Ces dernières visent à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES) et/ou à augmenter le stockage de carbone dans les sols. Quatre champs d’activité agricoles sont concernés : l’élevage, la plantation de vergers, la plantation de haies et dernièrement les grandes cultures. Pour les grandes cultures, les principaux leviers sont :

  • Réduction des engrais minéraux,
  • Couverture des sols,
  • Introduction de légumineuses.

Quatre champs d’activités disponibles dans la démarche bas carbone

La démarche du label bas carbone

L’agriculture est un acteur prépondérant dans la stratégie visant à atteindre la neutralité carbone. Elle concerne les secteurs de l’élevage, des grandes cultures ou encore de l’arboriculture. En effet, les agriculteurs ont la possibilité de réduire leurs émissions directes de gaz à effet de serre. Mais ils ont également la possibilité de stocker dans les sols du carbone. Il s’agit alors d’un atout majeur dans l’objectif global de neutralité carbone.

Le Label bas Carbone s’inscrit pleinement dans l’objectif de réduction des GES et de neutralité carbone. Car il permet d’identifier et de récompenser les projets d’exploitation engagé dans cette transition. La réduction des émissions de GES et/ou le stockage du carbone dans les sols dans les projets bas Carbone permettent d’émettre des Crédits Carbone valorisables sur un marché de compensation. Les entreprises ne pouvant plus décarboner davantage leurs activités (pétrochimie, numérique, télécommunications, transport aérien, etc) vont devoir compenser leurs émissions restantes. Le système de compensation sera alors l’achat des crédits carbones issus des projets de labélisation bas carbone agricoles notamment.

Champs d’activités agricoles concernés pour le label bas carbone

A ce jour, quatre champs d’activités agricoles sont actuellement concernés par la mise en place d’une démarche Bas Carbone, à savoir :

  1. L’élevage, via la démarche France Carbon Agri portée par l’IDELE. Les leviers concernant cette méthode s’articulent principalement sur
    • Autonomie alimentaire et protéique de l’exploitation,
    • Maintien voire l’augmentation des surfaces en prairies permanentes,
    • Augmentation de la productivité des animaux (laitiers et allaitants),
    • Baisse de l’âge au vêlage, etc.
  2. La méthode plantation de vergers permet d’obtenir une subvention à la plantation (s’il y a une augmentation de la SAU arboricole de l’exploitation). La contrepartie est le respect des conditions d’implantation concernant les futurs vergers.
  3. La plantation de haies, valorisée dans le cadre de la méthode haies. La mise en place de cette méthode se fait par l’intermédiaire d’un conseiller ayant une expertise sur l’implantation de haies. Elle engage l’exploitant au respect d’un PGDH, un Plan de Gestion Durable des Haies.
  4. Plus récemment, les grandes cultures, dans un cadre moins rigide que le modèle utilisé en élevage. Dans cette méthode, les actions vont s’articuler autour de :
    • Réduction des engrais de synthèse,
    • Modification d’usage de ces engrais,
    • Meilleure couverture des sols via des couverts végétaux,
    • Restitution des résidus de cultures, etc.

Un exploitant peut mettre en place plusieurs méthodes sur son exploitation dans le cadre d’une réflexion globale sur la structure. La seule contrainte étant que les leviers mis en place ne se répètent pas d’une méthode à l’autre. Ces leviers seront contrôlé par le conseiller pouvant réaliser l’accompagnement dans ces démarches bas carbone.

Mode de fonctionnement

Mode de fonctionnement du Label Bas Carbone par Cerfrance Energie
Mode de fonctionnement du Label Bas Carbone par Cerfrance Energie

En première année, l’objectif est double. Le premier objectif est de faire un diagnostic de l’exploitation. Il s’agit donc de réaliser une photographie des impacts liés aux émissions de GES ansi que sur le stockage de carbone actuel de son système. En parallèle, l’objectif est de définir un plan d’action. Ce dernier est une trajectoire de l’entreprise, à un horizon cinq ans. Cette trajectoire inclut des leviers permettant d’infléchir les émissions de GES ou bien d’augmenter le stockage du carbone dans le sol. Ces leviers peuvent alors être techniques, humains, ou agronomiques, etc. La différence des émissions/stockage de carbone entre la situation actuelle et la situation finale simulée permet de déterminer ce que l’on appelle des crédits carbones. Ces crédits peuvent alors être valorisés via l’engagement dans le Label Bas Carbone.

A la suite de cette première étape, l’exploitant peut donc décider de s’arrêter. Par exemple, s’il souhaite simplement estimer l’empreinte carbone de son exploitation. Il peut sinon s’engager dans le Label Bas Carbone afin de formaliser sa démarche grâce à la mise en place les leviers du plan d’action et la valorisation de ses crédits carbone. C’est cet engagement dans la démarche qui enclenche la suite des actions, à savoir :

  • Pour le porteur de projet (comme le Cerfrance) : il s’agit alors d’accompagner techniquement l’exploitant sur la durée du projet, de notifier le projet auprès des instances et de chercher la meilleure rémunération possible des crédits carbone (prix moyen actuel autour des 30 euros/t).
  • Pour l’exploitant : il lui faut donc mettre en place les leviers définis dans le plan d’actions, bénéficier de l’accompagnement technique des conseillers Cerfrance pour son dossier et faire transiter l’exploitation vers un système plus résilient et moins émetteur de GES.

Leviers actionnables pour la démarche grandes Cultures

Dans une démarche Grandes Cultures, les leviers s’orientent alors autour de plusieurs axes principaux  :

  1. Réduction de l’utilisation des engrais minéraux : dose, substitution par engrais organiques, révision des rotations pour introduire des légumineuses …
  2. Atténuation des pertes atmosphériques/lixiviation : passage de formes liquide à solide, utilisation d’inhibiteurs…
  3. Amélioration de la couverture du sol : par la mise en place de couverts végétaux (ou augmentation de la biomasse des couverts déjà compris dans la rotation), restitution des résidus de culture. L’objectif est d’augmenter le stockage de carbone dans les sols
  4. Introduction de légumineuses dans les rotations et/ou dans les couverts d’intercultures
  5. Réorganisation des rotations de l’exploitation
  6. Diminution des consommations en matières fossiles dans le processus de fonctionnement de l’exploitation : consommations tracteurs, stockage/séchage des céréales …

A la fin du projet carbone l’exploitant peut décider de faire à un nouveau plan d’actions concernant son exploitation afin de réengager un processus de labélisation. Cette étape arrive alors après la mise en place des leviers, les cinq ans écoulés et la rémunération des crédits carbone terminée, Ou bien, il peut décider de ne pas conduire de nouvelles actions. Dans les deux cas de figure, l’exploitation aura alors participé à l’action globale de réduction des émissions de GES. Elle aura donc augmenté sa résilience.

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