Légitimité des légumineuses

Projet LEGITIMES : Redonner de la légitimité aux légumineuses dans les systèmes de production français

Le projet LEGITIMES a pour but de redonner de la légitimité aux légumineuses dans les systèmes de production français. Pour faire face à la diversité des changements globaux, les systèmes agricoles doivent évoluer en profondeur. Pour se faire, ils doivent s’appuyer sur la valorisation de services écosystémiques, en particulier d’approvisionnement et de régulation. Dans ce contexte, de nombreux travaux soulignent l’importance des légumineuses dans l’obtention de ces services, grâce à :

  • la fixation symbiotique,
  • leurs effets pour les cultures suivantes
  • leurs intérêts nutritionnels pour l’alimentation animale et humaine. 

Toutefois, leur quasi-disparition dans les systèmes agricoles actuels interroge. Le projet LEGITIMES coordonné par l’INRA de 2014 à 2018 a permis d’étudier et de construire les conditions d’une plus grande insertion des légumineuses. Il a également permis d’évaluer les effets attendus, dans l’optique d’une gestion durable à l’échelle territoriale. Ce projet a donc permis d’acquérir des connaissances sur les performances et services écosystémiques attendus.  Enfin, il a permis de concevoir/évaluer des systèmes de culture et scénarios territoriaux incluant différentes légumineuses.

L’intérêt des légumineuses

Les légumineuses sont des cultures présentant de nombreux intérêts agronomiques et environnementaux. Pour autant, leur production n’a cessé de diminuer au profit des céréales jugées plus rentables économiquement. La marginalisation des légumineuses dans les systèmes de cultures actuels est le fait d’un verrou sociotechnique fort alliant des déterminants :

  • économiques (peu de soutien, interchangeabilité entre matières premières pour alimentation animale, pas de prise en compte de l’intérêt économique à l’échelle de la rotation…),
  • agronomiques (niveau et irrégularité des rendements, faible progrès génétique)
  • sociaux (choix politiques plutôt orientés vers les céréales, développement d’engrais chimiques « limitant » l’intérêt pour de l’azote gratuit…).

Le grand nombre d’espèces de légumineuses et la diversité de leurs caractéristiques offrent une gamme très large d’insertion possible dans les systèmes de culture. Les légumineuses fixent toutes de l’azote atmosphérique. Mais la quantité est variable en fonction de leur potentiel de croissance. Alors qu’il est de 53 % pour le pois, il va jusqu’à 76 % pour le lupin.

Ces différences s’expliquent par une plus ou moins forte capacité de prélèvement de l’azote minéral dans le sol. Cette capacité est elle-même liée à la vitesse d’expansion latérale des systèmes racinaires. Par exemple, le haricot ayant une forte vitesse d’expansion racinaire, il perd rapidement sa capacité de fixation symbiotique dès 50 unités d’azote minéral disponibles dans le sol au moment du semis.

Les légumineuses sont de très bons précédents pour les céréales. Les essais montrent un gain de rendement systématique pour le blé suivant une légumineuse. Cela s’explique par un potentiel de minéralisation des résidus plus important permettant au blé d’absorber plus d’azote qu’avec un précédent céréales ou colza.

Le projet LEGITMES

Le projet LEGITIMES a rassemblé des écophysiologistes, des agronomes, des écologues, des économistes et des sociologues. Il a mis en évidence un certain nombre de points nécessaires au développement des légumineuses dans les territoires :

  • évaluation des services rendus,
  • besoins en recherche,
  • importance des actions des pouvoirs publics.

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