Fertilisation azotée : apprentissage et pilotage

Apprentissage et pilotage de la fertilisation azotée : redécouvrir la fertilisation avec APPI’N

Depuis 40 ans, le raisonnement de la fertilisation azotée a bénéficié de nombreuses avancées de la R&D agricole. Tant en terme d’apprentissage que de pilotage. Il a consisté à améliorer ou à contextualiser les méthodes du bilan. Cette méthode permet donc de quantifier la fertilisation azotée à apporter sur une culture. Elle prend en compte les besoins en azote et les fournitures dont elle dispose pour sa nutrition azotée. Le plus souvent, les besoins sont supérieurs aux fournitures disponibles dans le sol. On en déduit donc la dose totale d’azote à apporter sur la culture en question pour équilibrer le bilan.

Une approche profondément différente basée sur le suivi de l’indice de nutrition azotée. Il a été imaginée par Clémence Ravier à l’occasion de sa thèse : « Conception innovante d’une méthode de fertilisation azotée : Articulation entre diagnostic des usages, ateliers participatifs et modélisation ». Ses travaux ont suscité un intérêt fort de la profession agricole. Après les premiers tests en Normandie et Poitou Charentes, l’INRA et la Chambre Régionale d’agriculture de Normandie ont alors souhaité élargir les tests de la méthode et d’usage par les conseillers et agriculteurs dans d’autres contextes. La méthode est également testée en région Centre. Des aires d’alimentation de captage sont souvent candidates également via leur animation.

Apprentissage et pilotage fertilisation azotée

Le raisonnement de la fertilisation azotée repose depuis plus de 40 ans sur la méthode du bilan. Les principes fondamentaux sont

  • une nutrition azotée non limitante tout au long du cycle
  • l’estimation, de manière indépendante, des différents termes de l’équation du bilan pour caractériser les besoins en azote de la plante et la fourniture du sol par l’utilisation du reliquat azoté.

Les recherches autour de l’amélioration du pilotage de la fertilisation se sont, jusqu’à récemment, principalement orientées vers une meilleure estimation des différents termes de l’équation. Mais l’orientation des recherche n’étaient pas sur la méthode en elle-même.

Le suivi de l’indice de nutrition azotée

En 2017, la thèse de Clémence RAVIER « Conception innovante d’une méthode de fertilisante azotée » propose, après un diagnostic des limites de la méthode du bilan, une nouvelle approche. Il s’agit non plus de baser le raisonnement sur un objectif de rendement. Mais de piloter la fertilisation à partir d’un suivi régulier de l’état de nutrition azotée de la plante, de l’acceptation de carences en azote non préjudiciables pour le rendement et de règles de décision tenant compte des conditions météorologiques au moment de l’apport. Pour cela, des abaques sont construites. Ils permettent d’éclairer les décisions des agriculteurs selon l’indice de nutrition azotée obtenu par des mesures au champ.

Cette méthode modifie profondément la façon de piloter sa fertilisation. Et, elle nécessite de nombreux apprentissages pour les agriculteurs et pour les conseillers. Des tests sont en cours pour affiner les abaques et pour permettre aux agriculteurs de tester cette approche. Les essais sont encourageants. L’enjeu est aujourd’hui d’identifier un cadre dans lequel il sera possible d’animer cette communauté d’usage, afin de poursuivre l’amélioration de cette méthode.

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