Fondamentaux de l’agroécologie

Les fondamentaux de l’agroécologie : Sol, Eau, Plantes et Animaux en interaction

Les fondamentaux de l’agroécologie sont les interactions entre le sol, l’eau, les plantes et les animaux. Un agrosystème est un écosystème spécifique dans lequel l’Homme intervient par la mise en œuvre d’activités agricoles. Les interventions peuvent être la préparation des sols pour les cultures, la mise en place et entretien des cultures, l’alimentation et soin des animaux… L’agroécologie combine des réponses d’ordre technique. Les réponses permettent donc à l’homme de de concilier productivité, avec faible pression sur l’environnement et gestion durable des ressources naturelles. L’agroécologie prend en compte les interactions entre le sol, l’eau, la plante et l’animal. L’objectif d’intégration de l’activité repose donc sur des principes clés de gestion de ces éléments.

Principes de gestion agroécologique du sol

Le sol assure différentes fonctions : fonction alimentaire, fonction de support et fonction environnementale (stockage de l’eau, habitat pour la faune…). Il est donc essentiel de gérer cette ressource de façon responsable, afin de la préserver et de la mettre en valeur.

  1. Un travail du sol minimal. L’objectif est d’améliorer sa structure. Cette amélioration permet le développement de la microfaune et de la microflore dans les différentes strates.
  2. Une protection du sol contre les agressions climatiques notamment l’érosion hydrique (couverts, bandes enherbées, haies…)
  3. Une gestion de la fertilité des sols. Cette gestion est alors basée préférentiellement sur des apports organiques (effluents, couverts végétaux). L’objectif est donc de conserver et d’améliorer la structure, l’aération, la rétention de l’eau et l’adsorption des éléments nutritifs. La fertilisation chimique doit également être utilisée comme complément.
  4. Intégrer de nouveaux critères de sélection des variétés sur sols à faible niveau de disponibilité en P, par la sélection :
  • De la morphologie, l’architecture racinaire,
  • Des critères d’efficience d’absorption de P et d’utilisation du P,
  • De variétés avec moins de phytates donc moins d’exportation par le grain.

Principes de gestion agroécologique de l’eau

L’eau permet la vie du sol. Elle transporte les éléments nutritifs pour la plante et abreuve les animaux. Elle peut aussi être destructrice en érodant les terres par ruissellement, en inondant les champs et en détruisant les cultures. Il est donc nécessaire d’adopter des pratiques pour gérer les excès et/ou insuffisances de cette ressource.

  1. Une conservation de l’eau du sol au bénéfice des plantes cultivées : apport de matières organiques dans les sols (rôle d’éponge), pratiques améliorant l’infiltration des sols (couverts végétaux…)
  2. Une gestion de l’eau raisonnée adaptée à la capacité de la ressource : irrigation, drainage, rigoles…
  3. Une protection de la qualité de l’eau : raisonnement de l’usage des produits phytosanitaires et de la fertilisation

Principes de gestion agroécologique de la plante

Par la photosynthèse, la plante produit de l’oxygène et séquestre du carbone. Ses racines colonisent le sol. La plante favorise alors la vie souterraine et sa partie aérienne protège le sol.

  1. Une adaptation des plantes à l’agrosystème et répondant à une demande des producteurs et des consommateurs : choix d’espèces et de variétés adaptées aux ressources disponibles et au climat
  2. Une maîtrise des itinéraires techniques répondant aux besoins de la plante et respectueux de l’environnement : protection intégrée par la combinaison de leviers agronomiques et l’usage de produits phytosanitaires si nécessaire, nutrition des plantes équilibrée…
  3. Des systèmes de cultures privilégiant les complémentarités dans l’espace et dans le temps : associations et successions culturales, agroforesterie.

Principes de gestion agroécologique de l’animal

L’élevage assure différentes fonctions répondant aux besoins de l’Homme : alimentaire (lait, viande), utilitaire (laine…) et économique. L’activité d’élevage est un élément d’équilibre des systèmes agricoles. Cet équilibre se fait par les échanges entre les cultures et les animaux (alimentation, paille, restitution des matières organiques). Il est donc nécessaire de maximiser les synergies entre les ateliers cultures et les ateliers animaux.

  1. Une adaptation des animaux à l’agrosystème. Elle doit également répondre à une demande des producteurs et des consommateurs : choix des races, choix des critères de sélection…
  2. Une maîtrise de la conduite du troupeau répondant aux besoins des animaux. Elle doit aussi être respectueuse de l’environnement : conception et ambiance du bâtiment, gestion de la santé, bien-être animal …
  3. Des systèmes d’élevage privilégiant les complémentarités dans l’espace et le temps. Par exemple : recherche d’autonomie alimentaire, bonne gestion et valorisation des prairies (pâturage…), bonne utilisation des effluents organiques, recherche de fourrages complémentaires …

Source :« L’agroécologie en pratiques » guide AgriSud2020

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