Fourche à la Fourchette | Juillet 2021

L’e-commerce alimentaire a gagné quatre ou cinq ans avec le COVID

Acheter ses pâtes, ses yaourts ou ses produits d’entretien en ligne est devenu un réflexe pour une partie des Français. La pandémie et les confinements ont poussé de nouveaux consommateurs à sauter le pas.

Résultat : l’e-commerce alimentaire a gagné quatre ou cinq ans.

La tendance se poursuit sur 2021 : « le e-commerce reste le circuit alimentaire le plus dynamique et dépasse maintenant la proximité ».

Depuis un an, la croissance de ce segment atteint 10 %. Le chiffre d’affaires est de 4,7 milliards € sur 12 mois, arrêté au 13 juin. Cette croissance représente désormais 9 % des ventes de PGC-FLS (Produits de Grande Consommation – Frais Libre-Service), contre 8,4 % pour le circuit de la proximité.

La tendance ne va pas s’arrêter de sitôt.

Les chiffres du panéliste Nielsen constate que la pandémie (avec la poussée du télétravail) favorise cette poussée en avant. Les drives classiques accaparent 92 % des ventes et gardent un tempo encore très soutenu (+ 9 %). De plus, la livraison à domicile progresse de + 20 %, tandis que le format piéton fait un bond de + 44 %.

Les acheteurs e-commerce sont de plus gros consommateurs que la moyenne. Tous circuits confondus, ils dépensent en moyenne 3 945 € en PGCFLS par an. C’est 6 % de mieux que la population dans son ensemble. En 2020, le e-commerce a recruté 4 millions d’acheteurs. Mais, 65 % d’entre eux n’ont pas encore reconduit leurs achats sur ce circuit cette année. Cette clientèle restent à fidéliser tout de même !

La loi sur les rémunérations des agriculteurs votée

Le nouveau projet de loi visant à protéger la rémunération des agriculteurs déborde du cadre initial. En conséquences, les industriels vont devoir montrer davantage de transparence en négos. Ainsi, les distributeurs ne pourront plus discuter aussi facilement les prix.

Le projet de loi visant à protéger la rémunération des agriculteurs, adopté le 24 juin en première lecture à l’Assemblée nationale, doit maintenant passer au tamis de la chambre haute. La future loi Egalim 2 cherche à corriger les faiblesses du
dispositif né des États Généraux de l’Alimentation.

Le projet Egalim 2 encadre davantage les contrats passés entre les agriculteurs et leurs premiers clients

Engagements pluriannuels, indicateurs de référence plus précis, révisions automatiques des prix en fonction des cours des matières premières doivent mieux sécuriser les producteurs.

Dans la chaîne agroalimentaire, ce prix payé aux agriculteurs devient un élément non négociable du tarif.

Si le lait représente, par exemple, 15 % des coûts de fabrication d’un produit fini, ces 15 % resteront intouchables dans les box de négos des enseignes. Charge à l’industriel de détailler, en toute transparence, le poids de chaque ingrédient agricole qui entre dans la composition de son aliment.

Les députés ont voté un article supplémentaire. Cet article prévoie que, pour tout produit contenant au moins 25 % d’ingrédients d’origine agricole, le tarif global de l’industriel s’imposerait au distributeur comme base de la négociation. C’est la « non discrimination tarifaire ».

Ce cadre rigide rappelle l’époque où les relations commerciales étaient régies par la loi Galland. Les distributeurs faisaient alors gonfler les budgets de marges arrière. Ils espéraient obtenir plus d’avantages que la concurrence, sans que le consommateur en bénéficie sur les étiquettes. À suivre au sénat en septembre pour les marques de distributeurs (MDD).

Les chantiers du Varenne agricole de l’eau et le changement climatique se poursuivent

La science, l’innovation et l’écoute irrigueront les travaux des trois groupes de travail dédiés à la gestion des crises climatiques, à l’adaptation de l’agriculture au changement climatique et aux projets de territoire et de gestion de l’eau. Les conclusions du Varenne agricole de l’eau et du changement climatique sont attendues pour début 2022. Elles baliseront une trajectoire à l’horizon 2050.

Mais c’est quoi le Varenne agricole de l’eau ?

Avec le réchauffement climatique, l’objectif de cet événement est d’engager une réflexion collective et de construire des politiques durables pour la résilience du modèle agricole face aux aléas climatiques.

Le Varenne agricole de l’eau et de l’adaptation au changement climatique vise à redonner du sens et des perspectives au projet agricole français, à l’heure du changement climatique. Ce dernier a des conséquences directes sur les agriculteurs, victimes des épisodes de sécheresse et de gel.

Objectif du Varenne agricole de l’eau et de l’adaptation au changement climatique

Il est urgent d’engager un plan d’action. Ce dernier permetra à la fois :

  • une bonne gestion des ressources et un partage équilibré de celles-ci,
  • une meilleure adaptation des exploitations et des filières agricoles au changement climatique
  • un accompagnement plus efficace du monde agricole.

Ce qui consisté, avec l’ensemble des parties prenantes (agriculteurs, ONG, élus, …), à :

  • identifier des solutions concrètes
  • établir une feuille de route opérationnelle
  • permettre de mettre en place des outils. Ces outils sont nécessaires à l’adaptation et à la protection de nos agriculteurs, face aux aléas du changement climatique. Ceci, en complément des premières mesures qui sont mises en œuvre dans le cadre du volet agricole du plan France Relance.

L’objectif est de poursuivre les travaux issus des assises de l’eau afin d’aboutir à une stratégie d’anticipation au changement climatique et d’en préciser les actions et les outils prioritaires avec une feuille de route partagée entre tous les acteurs.

Identifier des solutions concrètes communes alliant souveraineté alimentaire et gestion pérenne des ressources

La protection de la ressource en eau, tout comme son utilisation dans le respect des équilibres naturels et d’une gestion durable, relèvent de l’intérêt général.
La gestion de l’eau rassemble une diversité d’intérêts parfois concurrents, notamment lorsqu’il s’agit d’agriculture.

Cela doit permettre de bâtir des solutions concrètes reprises dans une feuille de route entre les acteurs. Elles doivent être soutenues par le Gouvernement sur la question des usages de l’eau en agriculture, dans le contexte du changement climatique

Trois thématiques

Début juillet, les trois thématiques ont été ciblées pour :

  • co-construire ces solutions,
  • déterminer les contours d’une stratégie d’anticipation et d’adaptation du secteur agricole au changement climatique.
Sécheresse et autres aléas : refonder la gestion des risques

Se doter d’outil d’anticipation et de protection de l’agriculture dans le cadre de la politique globale de gestion des aléas climatiques dans l’objectif d’améliorer les dispositifs de gestion de crise. Cet outil d’anticipation servira à mieux anticiper et gérer les évènements de sécheresse. Un décret est déjà sorti fin juin pour mieux gérer la sécheresse.

Changement climatique : les leviers d’adaptation

Pour aboutir à des stratégies d’adaptation au changement climatique, il est nécessaire de renforcer la résilience de l’agriculture dans une approche globale en agissant notamment sur :

  • les sols,
  • les variétés,
  • les pratiques culturales et d’élevage,
  • les infrastructures agroécologiques
  • l’efficience de l’eau d’irrigation.

Le deuxième chantier s’attachera à explorer et à inventorier tous les outils permettant à l’agriculture de s’adapter au changement climatique. Ce chantier sera dans toutes les filières et au sein de tous les territoires.

L’agronomie, la génétique et les technologies seront convoquées pour :

  • atténuer le changement climatique. Via les techniques de stockage de carbone et d’évitement des émissions des gaz à effet de serre,
  • appréhender les manifestations du changement climatique. S’agissant des précipitations et des températures, et leur impact sur les systèmes mais aussi sur les bioagresseurs.
L’eau agricole, un impensé

Le partage d’une vision raisonnée des besoins et de l’accès aux ressources en eau mobilisables est nécessaire pour l’agriculture sur le long terme. Ce partage doit être sur trois niveaux : réalisations, avancées et perspectives. Ce partage sert identifier les orientations et actions à mettre en place pour :

  • mobiliser de manière sécurisée des ressources en eau à long terme,
  • construire une vision partagée pour mobiliser au mieux ces ressources.

Concernant l’eau agricole, trois grands enjeux ont été dégagés :

  • le développement d’outils pour accélérer la mise en place de projets de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE) ;
  • un travail sur des stratégies d’accès à l’eau pour une meilleure mobilisation des gisements existants ;
  • la politique d’aménagement à mener pour répondre aux besoins à l’horizon 2050.
L’agriculture est l’un des secteurs particulièrement exposés au changement climatique et à la récurrence des sécheresses.

Réduire sa vulnérabilité de manière durable, dans une gestion raisonnée et partagée de la ressource avec l’ensemble des usages, oblige à considérer tout l’éventail des solutions possibles.

La résilience de l’agriculture passe par une transformation en profondeur des pratiques agricoles, dans le cadre de la transition agroécologique.
Au-delà des leviers sur la demande en eau, de nouvelles ressources doivent également pouvoir être mobilisées dans le respect de la fonctionnalité des écosystèmes aquatiques.

À l’issue des Assises de l’eau, le Gouvernement s’est fixé l’objectif de faire aboutir :

  • au moins 50 PTGE d’ici 2022,
  • et 100 PTGE d’ici 2027.
Face au changement climatique, l’agriculture doit pouvoir sécuriser son accès à la ressource en eau et en améliorer la gestion.

Répondre à ces enjeux suppose de prendre en compte les attentes de l’ensemble des usages. Pour ce faire, il est nécessaire d’élaborer un cadre facilitant un dialogue ouvert et constructif. En lien avec la stratégie bas carbone et avec les acteurs des agences de l’eau, la rediversification avec une approche filière doit permettre de définir la trajectoire de la transition agricole, la bioéconomie avec le partage de l’eau et l’approche territoriale.

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