Volailles de chair 2021

Volailles de chair en 2021 : entre grippe aviaire et hausse des coûts

Découvrez notre dernier observatoire consacré aux volailles de chair en 2021. La production de volailles de chair française est diversifiée. Elle a été durement touchée par l’influenza aviaire sur le premier semestre 2022, et des cas surviennent toujours. Elle fait face à la hausse des coûts de l’alimentation et de l’énergie. La consommation de volaille est dynamique en France, portée par la consommation de poulet en restauration hors domicile. Mais cette hausse de consommation profite aux importations.

La consommation de volailles est dynamique en France

La volaille est la première viande consommée dans le monde. La France est le premier pays européen consommateur de volailles de chair en 2021 avec 1,93 million de tonnes. C’est en moyenne 28,5 kg de volailles par habitant et par an, et donc la deuxième viande la plus consommée en France, après le porc (31,5 kg par habitant et par an). Alors que la consommation de produits carnés s’est contractée depuis 20 ans, celle de volailles a augmenté. Cette dynamique est tirée par la consommation croissante de viande de poulet, qui représente 70 % de la viande des volailles de chair consommée en 2021. Les achats des ménages évoluent vers toujours plus de découpes de volailles (52 % des volumes achetés en 2020) et d’élaborés (32 %), alors que la part de volailles entières (16 %) se réduit.

Une part croissante de cette consommation est pourvue par les importations

En effet, la hausse de la consommation de volailles est essentiellement tirée par la restauration hors domicile (RHD), dont l’approvisionnement en volailles importées est plus fort. Le phénomène est moindre pour les dindes (19 % importées) et les canards (14 %). Mais en poulet, l’importation pourrait concerner près de la moitié de la consommation en 2022. Les importations sont essentiellement européen-nes, avec pour principaux fournisseurs la Pologne, les Pays-Bas et la Belgique. Les importations de pays tiers proviennent de Thaïlande, du Brésil, d’Ukraine. Celles de ces deux derniers pays ont fortement augmenté début 2022. Les importations ukrainiennes sont notamment facilitées par la suspension des droits de douane avec l’Union Européenne (UE) depuis le 24 juin et pour un an afin d’aider l’Ukraine dans le cadre de la guerre qui l’oppose à la Russie.

Répartition de la consommation de volaille par espèce en 2021

La part d’import avait diminué en 2020, sous l’effet de la hausse de la consommation à domicile lors des confinements et de la fermeture de la RHD. Mais elle progresse à nouveau depuis.

La production de volailles françaises est diversifiée 

La France est le second producteur européen

La Pologne est le premier producteur européen incontesté. Elle a plus que doublé sa production de volailles en dix ans. Celle-ci est largement tournée vers l’export sur le marché européen, le marché intérieur ne représentant qu’un quart de sa production. C’est d’ailleurs le premier fournisseur de la France.

La production française est au coude-à-coude avec l’Espagne et l’Allemagne. En 2022, la production de ces deux pays devrait dépasser celle de la France, durement touchée par la grippe aviaire.

Diverses espèces

Le poulet représente l’essentiel des volailles produites en France, et sa place tend à s’accroître dans le temps. Vient ensuite la dinde, dont la production a été divisée par deux depuis vingt ans, puis le canard, la pintade et les autres espèces (pigeons, cailles).

Divers modes de production

La volaille standard représente deux-tiers des volumes. Les volailles bio, Label Rouge, certifiées CCP (Certification de Conformité Produit) sont également présentes pour une part qui s’avère relativement stable depuis dix ans.

27 % de la production française est exportée

La France n’exporte pas les mêmes produits que ceux qu’elle importe. Elle importe par exemple des filets pour répondre à la demande du marché intérieur. L’export permet de valoriser des produits qui le seraient moins sur le marché intérieur (ailes, cous, pattes).

La baisse actuelle de l’euro face au dollar favorise les exportations alors qu’elle renchérit le coût des importations.

La production est durement touchée par l’influenza aviaire

La France est le principal pays euroépen touché par la grippe aviaire ou IAHP

La France est le principal pays européen touché par la grippe aviaire ou IAHP (influenza aviaire hautement pathogène), très virulente en 2021-2022. 1 378 foyers y ont été détectés, c’est plus de la moitié des foyers européens. Le nombre de foyers a été multiplié par 2,8 par rapport à l’année précédente. La région des Pays de la Loire et le département de la Vendée ont été particulièrement atteints. Cette épidémie a surtout touché les canards, qui ont alors représenté 39 % des animaux abattus pour cause IAHP.

L’IAHP affecte la dynamique de production. Les canards sont les plus touchés : les abattages de canards à rôtir reculent de 30 % en 2021-2022 par rapport à l’année précédente. Ceux de pintades et de dindes reculeraient de 19 % et 18 %, et ceux de poulets de chair, de 3 %.

L’épidémie n’est pas circonscrite, des cas continuent d’être relevés chez les oiseaux sauvages. Malgré les mesures de protection, quelques foyers sont sporadiquement identifiés. Ainsi, après la Vendée début septembre et suite à la découverte d’oiseaux sauvages positifs à la grippe aviaire, la préfecture de Loire-Atlantique a annoncé le 12 septembre le confinement des volailles du département, en instaurant une zone de contrôle temporaire (ZCT). Il y a un risque d’endémisation de la maladie.

L’impact de la grippe aviaire sur les élevages touchés

L’État a mis en place des aides pour les élevages touchés par l’influenza aviaire ou par des mesures d’interdiction de remise en place de volailles. Si un acompte d’aide peut être obtenu à l’automne 2022, l’arrêt de la production et le délai d’obtention du solde peut générer une tension financière. Le solde des aides ne devrait être perçu qu’à partir de début 2023.

L’ITAVI a estimé la perte en chiffre d’affaires au stade sortie élevage à plus de 360 M€ sur l’année 2022 (hors foie gras, œufs). La perte porte également sur la sélection, la multiplication, l’accouvage : elle serait de 110 M€ à l’export des couvoirs (poussins, œufs à couver, canetons et dindonneaux).

La hausse des coûts de production

Le début de l’année 2022 a été marqué par une hausse généralisée des cours des matières premières et de l’énergie, progression qui avait débuté en août 2020. La guerre en Ukraine a renchéri les cours.

Ainsi par exemple, l’indice aliment ITAVI pour le poulet standard a augmenté de 80 % sur deux ans. L’évolution est du même ordre pour les différents types de volailles. Cela a un impact économique direct, étant donné l’importance de l’alimentation dans le coût de production. La progression du coût de l’énergie, et notamment du gaz, est également à surveiller.

La faiblesse de l’euro renchérit le coût des matières premières importées hors UE, comme le soja par exemple.

Les éléments à suivre

L’IAHP

La capacité de production de volailles de chair dépendra de l’évolution du risque sanitaire. La production de volailles festives sera perturbée. La vaccination, actuellement en test, pourrait apporter une réponse sanitaire. Mais son coût, son efficacité pour les différentes espèces et face à un virus mutant et son impact potentiel sur les marchés export de la France sont des points d’achoppement.

L’évolution des équilibres économiques

L’évolution du coût alimentaire, du coût de l’énergie sont deux postes à surveiller, de même que la capacité du marché à financer les hausses de coût.

Les importations

L’importation de viande de poulet est importante et croissante, notamment du fait du poids de la RHD, plus utilisatrice de viande importée. Il y a un enjeu pour la filière à infléchir cette tendance.

Depuis le 1er mars 2022, les restaurants et cantines doivent indiquer à leurs consommateurs l’origine des volailles (ainsi que porcs et moutons) qu’ils cuisinent, comme c’était déjà le cas depuis 20 ans pour la viande bovine.

La France défend l’instauration de « clauses miroir » dans les accords commerciaux conclus par l’UE. Il s’agirait d’imposer aux partenaires commerciaux qui souhaitent exporter leurs produits agricoles vers l’UE de se conformer au préalable à ses normes sanitaires et environnementales. Cela permettrait alors de limiter la concurrence à laquelle font face les agriculteurs européens.

La demande des consommateurs en volaille de chair

L’inflation française était de 6,8 % en juillet 2022 par rapport à juillet 2021. Si cela reste modéré par rapport à la moyenne en zone euro (+8,9 %), les consommateurs sont sensibles à l’évolution de leur pouvoir d’achat. Dans ce contexte inflationniste, le poulet pourrait bénéficier de l’atout d’un prix modéré, quoiqu’en hausse du fait de la hausse des coûts. La volaille bio ou label pourrait pâtir du choix d’une partie des consommateurs pour une production moins qualitative pour limiter leur panier alimentaire. La consommation globale de viande pourrait donc s’en trouver affectée.

Les évolutions autour de la question du bien-être animal

Les engagements en faveur du bien-être animal sont divers. L’étiquetage « bien-être animal » est apposé sur une partie des produits. Certains opérateurs de la filière poulets rejoignent la démarche Better Chicken Commitment (BCC) – aussi appelé European Chicken Commitment (ECC). À l’initiative de plusieurs ONG de protection animale européennes, cette démarche détermine des critères d’élevage et d’abattage liés à l’amélioration du bien-être animal à respecter d’ici 2026, comme la réduction de la densité d’animaux, l’absence de cages et de systèmes à étage, l’accès à la lumière naturelle, à des perchoirs et des substrats à picorer, un abattage utilisant l’étourdis-sement par atmosphère contrôlée. Ceci se traduit par une hausse du coût de production, et pose la question du consentement à payer du consommateur.

Retrouvez nos autres observatoires consacrés aux volailles de chair sur notre site internet.

Sources pour la rédaction de cette note sur les volailles de chair en 2021

Webinaire « Actualité des filières volaille de chair » organisé par l’ITAVI, 08/09/2022

ANVOL, Interprofession volailles de chair. La France championne européenne de la consommation de volailles en ordre de marche pour redémarrer sa production et répondre aux attentes des consommateurs.

Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, Tout ce qu’il faut savoir sur l’influenza aviair

Service Public, Restauration : affichage obligatoire de l’origine des viandes à partir du 1er mars 2022

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