2021 horticulture & pépinières

Bilan 2021 pour l’horticulture et les pépinières : état des lieux et enjeux pour la filière

Notre note de veille économique sur le bilan 2021 de la filière horticulture et pépinières est disponible.

Du macro au micro : inventaire d’une filière

Notre propos concerne les plantes vivantes et produits de la floriculture. Elles englobent les arbres, arbustes, buissons vivants, fleurs et feuillages coupés, plantes en pot et à massif, végétaux de pépinières, bulbes à fleurs et les autres produits fournis habituellement par les horticulteurs et les pépiniéristes en vue de la plantation ou de l’ornementation.

La production mondiale : 56 300 millions d’euros en 2020

L’Association internationale des producteurs d’horticulture recense plus d’un million d’hectares de production de végétaux de pépinière dans le monde, dont 70 % en Chine.

Il faut cependant relativiser l’importance de la production chinoise, en raison d’une productivité assez faible, ramenant sa part dans la valeur à la production mondiale à 25 %, et d’une production essentiellement destinée au marché intérieur.

La production européenne : 18 600 millions d’euros en 2019

Avec une superficie totale de 186 000 hectares, l’Union européenne (UE28) compte une production estimée à 18 600 millions d’euros en 2019.

La tendance :

L’augmentation des niveaux de production de fleurs et de culture de plantes ornementales confère à l’Union européenne l’une des densités de production par hectare les plus élevées au monde (10 % de la superficie mondiale et 44 % de la production mondiale de plantes en pots et en fleurs, par exemple).

La valeur de la production des principaux producteurs a augmenté par rapport à 2018, mais de manière différenciée selon le pays.

Elle a progressé de manière :

  • très significative pour l’Allemagne (+ 18,8 %) et l’Espagne (+ 23,5 %),
  • importante pour l’Italie (+ 5,8 %) et la Belgique (+ 5,5 %),
  • peu significative pour la France (+ 1,0 %) et les Pays-Bas (+ 1,4 %).

Une activité mondialisée

Dans le monde, en 2020, les exportations toutes catégories représentent 11 386 millions d’euros (soit 20 % de la production mondiale). Elles concernent majoritairement les fleurs coupées (58 %) et sortent des Pays-Bas pour 6 666 millions d’euros (59 %). Depuis 2018, notons l’arrivée en force de nouveaux pays exportateurs dans le « top 5 » des fleurs coupées : la Colombie, le Kenya et l’Éthiopie.

Les importations mondiales toutes catégories pèsent 9 476 millions d’euros recensés. Elles concernent les fleurs coupées à 59 %, et touchent en premier l’Allemagne pour 1 843 millions d’euros (19 %) puis les Pays-Bas pour 1 645 millions d’euros (17 %).

Le solde entre import et export des Pays-Bas démontre, si besoin était, le leadership de ce pays sur la production et la commercialisation mondiale.

Par contre, la France, toutes catégories, importe 10 fois plus que ce qu’elle exporte (14 fois plus en 2018).

L’interprofession française : acteurs, économie et évolution

Plus de 50 000 entreprises appartiennent à la filière française de l’horticulture, de la pépinière, de la fleuristerie et du paysage. 61 % d’entre elles sont des acteurs du paysage, 33 % de la commercialisation et 6 % de la production.

En trois ans, la filière globalement se développe, en chiffre d’affaires comme en nombre d’emplois. De plus, elle pèse un petit peu plus dans le PIB français.

Les entreprises de production et de commercialisation continuent leur concentration.

Les acteurs de la production

Le chiffre d’affaire de la production française se contracte.

La filière est fortement importatrice et la compétitivité des exploitants français se dégrade. En 10 ans, le nombre d’entreprises françaises a presque été divisé par 2 (- 5 % par an).

Si bien qu’en 2020 :

  • 40 % des végétaux d’intérieur et d’extérieur achetés en France sont cultivés en France.
  • 20 % des fleurs coupées achetées en France sont cultivées en France.
  • 61 % des végétaux d’extérieurs achetés en France sont cultivés en France.

À noter que, entre 2017 et 2020, c’est la pépinière qui résiste le mieux.

Les acteurs de la commercialisation

Les commerces de gros, les jardineries et les libres services agricoles (LSA) continuent leur concentration, en quête d’efficacité économique. Les LSA sont d’ailleurs ceux dont le chiffre d’affaires par emploi augmente le plus. Malgré le choc du premier confinement lié au Covid (mars 2020), ces trois catégories de distributeurs ont bénéficié d’une explosion de la demande dès la levée des restrictions. Leurs ventes ont augmenté de 10 % sur l’année, sur fonds d’accélération du e-commerce et de changements profonds des habitudes de vie des consommateurs.

Après une année 2019 déjà exceptionnelle (+ 4 %), le marché du jardin a connu un véritable bond en avant en 2020. À contre-courant d’une économie française en récession, son chiffre d’affaires a augmenté de 10 % en un an. La pandémie a donné aux professionnels du jardin une impulsion équivalente à cinq années de croissance.

Les segments liés à l’entretien et à l’embellissement du jardin ont connu les plus fortes progressions. Alors que les achats de végétaux pour l’extérieur ont maintenu leur dynamisme, malgré le lourd impact de l’arrêt des ventes de plantes à massif durant le confinement du printemps. Seuls les végétaux d’intérieur et les fleurs coupées, privés d’occasion d’offrir, ont subi un net repli de leurs ventes. A ce phénomène s’ajoute l’évolution structurelle de la démographie de la fleuristerie.

Les acteurs du paysage

Les acteurs du paysage sont les seuls de la filière à voir leur nombre augmenter depuis 2017. L’activité économique affiche une bonne dynamique.

Concernant l’achat de services des particuliers, 15 % des foyers qui possèdent un jardin ou une terrasse font appel à une personne extérieure pour des prestations d’entretien ou de création. Sachant que les foyers dont la personne de référence a 65 ans ou plus représentent 47 % de ces foyers, le vieillissement démographique constitue une opportunité pour le marché du paysage.

Concernant l’achat de services des collectivités, les contraintes budgétaires de ces dernières mettent ce marché sous tension. Le poids des marchés publics dans le chiffre d’affaires des entrepreneurs du paysage est passé de 30 % à 26 % entre 2010 et 2020.

La production française en 2020

La filière horticole pépinière en France

La production horticole pépinière est un secteur de production intensive. Elle se rapproche de l’industrie par l’importance du capital, du travail et des techniques requises. C’est l’un des secteurs le plus employeur de main-d’œuvre en agriculture.

La gamme commercialisée par les producteurs français reste relativement diversifiée, ce qui induit une forte variabilité de situations d’entreprises. Au niveau national, les plantes de pépinière représentent plus du tiers du chiffre d’affaires. Elles sont suivies par les plantes en pots puis les plantes à massifs.

Les Pays de la Loire concentrent un quart de la production française.

En 2020, les indicateurs de « productivité » continuent de s’améliorer, tendance observée depuis 2015 au sein de ces entreprises françaises dont le nombre, rappelons-le, se réduit.

Malgré le contexte Covid (fermeture des jardineries pendant 3,5 semaines et fermeture des fleuristes pendant 6 semaines pendant la période la plus forte), la situation globale ne s’est pas dégradée dans les entreprises horticoles et pépinières. Les différents leviers de soutien mis en place expliquent pour partie cette situation.

Les tendances de la filière horticole pépinière en France

Ces tendances englobent toutefois des situations très variables selon le mode de commercialisation.

  1. Pour la 5e année consécutive, les entreprises qui commercialisent en vente directe connaissent une amélioration du niveau d’activité. Le chiffre d’affaires est en hausse en 2020. L’efficacité économique progresse, ce mode de commercialisation permet une plus grande régularité des résultats que les autres débouchés.
  2. Après avoir connu une année 2017 difficile, une année 2018 de « convalescence », une nette amélioration en 2019, les entreprises commercialisant via un grossiste connaissent des résultats économiques 2020 moins bons qu’en 2019. Les produits stagnent, les charges augmentent, l’efficacité économique se contracte, les ratios financiers sont stables.
  3. Quant aux ventes au distributeur final, avec des entreprises dont la taille (chiffre d’affaires, main d’œuvre) est supérieure à la moyenne, leur chiffre d’affaires reste stable en 2020, leur efficacité économique est la plus faible des trois groupes, compensée par une stratégie « volume ». Ce qui fait qu’on trouve dans ce groupe les entreprises les plus dynamiques.
Chiffres clés horticulture ornementale 2020 et évolution 2017-2020
Source : France Agri mer – Chiffres clés de l’horticulture ornementale
Images : Uwe Driesel de Pixabay, Kiranshastry – Freepik – mynamepong – Bon Warede Flaticon

Les enjeux d’avenir pour la filière

Au niveau de la production

Au niveau de la production, l’enjeux est de renouveler les chefs d’entreprise en horticulture et pépinière ornementale. De plus, il est nécessaire d’attirer une main-d’œuvre salariée compétente tout en améliorant les conditions de travail. Accompagner les structures de production vers la double performance économique et environnementale.

Au niveau du marché

Au nivau du marché, l’enjeux est de retrouver une place pour les produits horticoles français dans les différents circuits de distribution. L’enjeux est aussi de développer de nouveaux modes de commercialisation :

  • Créer un « made in France ».
  • Redonner l’envie de consommer du végétal : de la fonction « plaisir » à de nouvelles fonctions (alimentaire, santé …)

Au niveau de la filière

Améliorer la compétitivité de la filière horticole française en structurant plus l’offre et la commercialisation, en optimisant la logistique. Rendre l’offre d’accompagnement des entreprises horticoles et les projets d’avenir de la filière plus lisibles auprès des décideurs, des partenaires et des acteurs de la filière.

Source :

Organisation économique de la filière horticulture et pépinière des Pays de la Loire 2018

Chambre Régionale d’Agriculture Pays de la Loire

Retrouvez nos notes de conjoncture sur la filière horticulture et pépinière sur notre site internet.

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